Est-ce que la SF, c’est de la merde?

noyoudidnt

Cet article vous est offert par l’amicale des putaclics.

Tout d’abord, je m’excuse pour ce titre si provocateur : je confesse avoir lié ma fine compréhension de la psychologie humaine avec ma subtilité raffinée, pour ainsi attirer le chalant.
Mais assez de justification de putaclic, rentrons dans le vif du sujet.

Avant toute chose, pour que je ne finisses pas crucifié sur une croix formée des Œuvres Complètes d’Isaac Asimov (une grosse croix donc), je précise que je parle du mot « science-fiction », de l’étiquette, pas du genre en lui-même. Je pense que n’importe qui me connaissant et m’ayant un tant soit peu lu sait combien j’ai de passion et d’affection pour les romans et nouvelles du paysage SF. Pas pour l’étiquette, par contre.

Commençons par une petite anecdote : il y a quelques heures, je profitais du soleil en chinant dans une brocante, et surtout dans les stands pleins à ras bord de livres. Les amateurs comprendront mon sentiment : toute ces lectures pour si peu d’argent! L’avare et le bibliophile en moi se frottaient les mains.
En passant mon regard sur les tomes étalés, je me suis aperçu qu’il n’y avait pas de séparation entre classiques et modernes. Balzac côtoyait Yourcenar, Hugo Laferrière, Baudelaire l’ami Gary, et tant d’autres. Et ça m’a mit un peu de baume au cœur, de m’imaginer quelqu’un cherchant une vieille édition du père Goriot avant d’avoir l’œil attiré par un bouquin bien plus récent. Il le fixe, le soupèse, lit la quatrième de couverture, le repose, le reprend et part avec. J’aime les mélanges, quand les gens sortent de leur zone de confort. J’aime les découvertes.

Seulement, si vous avez suivi les quelques noms que j’ai égrené, une conclusion s’impose : pas de SF dans ce gloubi-boulga. Effectivement, les romans de science-fiction sont dans leur zone à part, clairement séparés de l’autre littérature. Je dis l’autre parce qu’il n’y a plus grand monde pour dire que la SF n’est pas de la littérature, maintenant. On peut en acheter dans 95% des librairies, les éditeurs classiques publient des textes qui flirtent avec le genre, bref, la SF n’est plus un ghetto. Sauf que si, en fait.
Parce que si le reste du monde s’intéresse petit à petit au genre (tout comme à la fantasy), les lecteurs de la première heure eux ont l’air de vouloir rester à part. De ne pas être catalogués « comme les autres », plutôt « moi je lis de la SF monsieur, je réfléchis, j’imagine, je suis un lecteur d’un certain calibre ». Je caricature le trait, mais pour avoir moi-même ressenti ce sentiment plus jeune et l’avoir vu chez d’autres, je sais que je ne suis pas si loin de la vérité.
Ce qui est aussi la raison pour laquelle je passe au nous dans la déduction que j’ai faite, après mon passage à la brocante :

Si la SF est moins lue que le reste, s’il reste des gens qui ne veulent même pas en entendre parler, si le genre semble être snobé par moment, c’est un peu de notre faute.

Parce que nous le voulions, ce compartimentage, ce rayon SF. Nous voulions pouvoir nous diriger vers ce que nous aimons, ce que nous voulons lire. Et surtout pouvoir éviter le reste. La pseudo « littérature » qui se prend le chou et le chibre. Ça a marché. Nous allons directement voir nos héros littéraires à nous, maintenant. Voir Pratchett le maître de la Satire, Dick le questionneur de réalité, King le roi de l’épouvante et tant d’autres.

Ce qui est un peu triste. Parce que le fan de Hard-SF aurait pu aimer le traitement poétique mais intelligent de la science par Italo Calvino. Le grand lecteur de Dick, qui veut trouver la réalité, le complot, la machination cachée derrière le voile, pourrait apprécier Camus, qui lui croit juste à l’absurde du monde.

Et le gâchis va dans les deux sens : pourquoi mettre de côté Stephen King, quand un fou de littérature classique, quelqu’un qui adore par exemple l’acte d’écrire, pourrait trouver son bonheur dans Misery? Tel autre qui ne jure que par le style pourrait être subjugué par la maîtrise de la langue de Damasio ou de Jaworski.

Là, il y a beaucoup de réponses possibles. Vous pouvez me dire que de toute façon, vous avez déjà testé autre chose que la SF, et que ça vous a ennuyé à mourir. Pas de problème, vous lisez ce que vous voulez, vous pouvez même ne pas lire. Mais se braquer et se priver de toute une catégorie de livres, d’aventures et de plaisirs pour un seul raté, c’est un peu dommage à mon sens. Je crois que c’est ça qu’on nomme la généralisation.
Vous pouvez aussi me répondre que les romans policiers ont eux aussi leur étagère à part. Que ça n’a pas l’air de me gêner. Déjà, je trouve ça un peu con de la même manière. L’intérêt, comme pour la SF ou la fantasy, est de faciliter la recherche de tel ou tel volume dans la masse des tomes. Je comprends bien. Sauf que l’on prive « celui qui ne lit jamais de policier » ou « celui qui ne lit jamais de SF » de se faire accrocher l’œil et la curiosité par un titre en particulier. Loin des yeux, loin du cœur, comme on dit.
J’ai aussi entendu qu’on ne pourrait plus faire le tri, différencier les textes. Sauf que la quatrième de couverture est un peu là pour ça. Quelqu’un qui ne connaîtrait pas King n’a qu’à lire le résumé au dos pour savoir qu’il risque de flipper sa maman. Mais peut-être qu’il serait enclin à tenter le coup.
Une autre remarque : on perdrait quelque chose. Je connais des gens qui sont réellement convaincus de ça, que se mêler au reste des bouquins amoindrirait le pouvoir de la SF. Alors déjà, il y a des daubes dans le genre aussi hein. Je ne donnerais pas de nom, mais tout le monde a sa petite liste personnelle en tête. Ensuite, je pense que ce genre de réaction n’est pas la bonne. C’est humain de ne pas vouloir perdre ce qui fait son identité de lecteur. Mais si vous aimez les bouquins comme moi, c’est une joie de voir d’autres personnes lire un roman ou un recueil de nouvelles que vous avez adoré. Je veux que les livres que j’aime soient le plus lu possible, le plus partagés, discutés, aimés et détestés! Et en plus, les genres sont déjà tellement perméables qu’il n’y a vraiment qu’un pas de principe à faire pour gommer la classification.

Justement, sur ce thème, une autre anecdote pour conclure.
Mon grand-père, grand lecteur et très cultivé, ne lit pas de SF. Pas intéressé. Et pourtant, je le vois me conseiller, il y a quelques mois de cela, 2084 : la fin du monde. Un excellent roman, qu’il me dit. Un roman qui pose des questions importantes sur le fanatisme religieux.
2084, comme son nom le laisse supposer, est un roman d’anticipation. Donc de SF.
Marrant comme les biais tombent quand on arrache les étiquettes.

Et vous, vous pensez aussi que l’étiquette « SF », c’est de la merde?

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Nomination au Liebster Awards (à la bourre)

liebster-award

Il se trouve qu’il y a maintenant un petit moment (à peine deux semaines), j’ai été nominé pour le Liebster Award par Catherine Loiseau (Merci encore à elle. Fin non, pas merci. Mais pas pas merci non plus. Roh, putain!). Pour résumer, il s’agit de balancer 11 informations sur ma personnes, suivie de la réponse à ses 11 questions. Bon, techniquement, il faudrait rajouter d’autres questions pour ses propres nominés, mais tous les blogs que je connais ayant déjà été pris, je vais passer sur ce point.

Commençons donc, par 11 détails sur votre serviteur :

  • J’écris depuis quelques temps d’abord sur papier, pour me forcer à relire une fois de plus le texte lorsque je vais le recopier.
  • Je considère que le chocolat au lait est un cadeau des Dieux, le chocolat plus une infamie et le chocolat noir un compromis acceptable en temps de disette.
  • Comme toute personne sensée, je prends toujours un truc à lire sur le trône.
  • En général, j’ai toujours un truc à lire sur moi. La plupart du temps un livre papier, mais en cas de disette j’ai des ebooks sur le téléphone.
  • Je ne supporte pas de lire une traduction quand je peux lire le livre original (donc quand la langue d’origine est l’anglais, en gros). La seule exception étant Terry Pratchett, étant donné que son traducteur officiel Patrick Couton est le plus grand génie que l’art de traduire ait jamais connu.
  • Mon alimentation se compose exclusivement produits avec marqué Oncle Bens ou Panzani dessus. Plus du jus de pomme, du thé et de la pralinoise (hum, pralinoise…)
  • Je continue parfois une discussion juste pour le plaisir de débattre, parce que je m’en sors presque toujours dans les joutes verbales.
  • Je perçois le monde sous la forme de jeux de mots. Et heureusement pour vous que j’en garde une bonne partie pour moi.
  • Lorsque je suis excité par une idée, cet état d’esprit devient physique et je peux me rouler par terre ou sauter partout avec un rictus de damné.
  • Sur un malentendu, je peux être extrêmement subtil. Il parait.
  • La plupart des enfants m’aiment naturellement, ce qui est pratique lorsqu’il s’agit de les dresser. Ou de les faire rentrer dans le frigo.

Bon, comme vous pouvez le voir, je ne suis probablement pas assez narcissique pour trouver 11 trucs intéressants à dire sur moi. Maintenant, voici venue l’heure des questions! Ou plutôt des réponses.

  • Le livre qui t’a le plus marqué.

Deux livres dans cette catégories:  On Writing de Stephen King qui m’a donné envie d’écrire et Balzac : le roman de sa vie de Stefan Zweig qui m’a redonné envie d’écrire.

  • Le livre dont tout le monde parle en bien mais que tu n’as jamais réussi à finir (ou envie de commencer).

Je ne sais pas si tout le monde en parle en bien, mais je n’ai jamais réussi à supporter Zola. Il me soûle, c’est tout.

  • Tes petites manies d’écrivain.

Je lis toujours mes textes à voix haute pour voir comment ils sonnent. Résultat, j’ai parfois l’air un peu con.

  • Thé ou café (argumente ta réponses).

Thé. Et en guise d’argument, je vais faire remarquer qu’il y a une sale faute dans la question. Donc la question est invalide. Na.

  • La meilleure adaptation d’un livre en film

Je ne sais pas si c’est la meilleure, mais j’ai vraiment aimé le L’écume des jours de Gondry.

  • Pour ou contre les nains de jardin (argumente ta réponse).

Contre. Parce que ce sont des connards, les salauds.

  • Que te dirait tes personnages si tu les croisais dans la rue?

Que dalle, si je les croise dans la rue je vais voir le toubib sur le champ.

  • L’histoire que tu as eu le plus de mal à écrire.

La prochaine. Toujours la prochaine.

  • Tes vacances idéales

Des vaisseaux spatiaux, du saucisson, des livres et des combats à l’arme blanche. Et des maths rigolotes aussi.

  • Voldemort contre Palpatine contre Sauron, qui gagne?

Ils s’entre-tuent et le seul gagnant reste donc la MORT (un mâle nécessaire).

  • tribune libre : raconte-moi en quelques mots le projet sur lequel tu travailles actuellement.

IA, torture, simulation, blagues, écrivain, mort, humain

 

Et voilà qui termine cet incroyable, que dis-je cet inimitable post. En tout cas, même si je n’ai pas vraiment posé de questions, j’aimerais nominer Dieu, dont j’adore le travail même s’il est un peu brouillon, et mère Nature, qui pourrait au moins faire en sorte que son blog ne demande pas d’expériences scientifiques pour être décrypté!

Dust, ou la quête annexe philosophique

Dust

 

Tout à l’heure, je jouais à un jeu vidéo, Dust : An Elysian Tale. Rien de bien folichon, me direz-vous. Le gameplay est assez bon, je m’éclatais bien à exploser une vague d’ennemis après l’autre. Et je suivais l’histoire principale. C’est comme ça qu’on avance dans un jeu.
Arrive un moment où je rencontre un personnage qui me demande de sauver son père, très malade. Pour ça, dans la bonne tradition vidéo-ludique, je dois aller battre un boss. Ce n’est pas formulé ainsi, mais toute personne ayant jouée à un RPG dans sa vie le comprend comme ça.
Voulant avancer dans l’histoire, je rentre dans le niveau du donjon. Quelques centaines d’ennemis exterminés et un combat contre un boss plus tard, je remonte au village. Ayant ramené l’eau magique dans les puis, j’ai fait tout ce qu’il fallait pour que le père du gamin se rétablisse.
J’ai fait tout ce qu’il fallait.
Et il est mort.

Sur le coup, je n’y croyais pas. J’ai pris le choc en pleine gueule, incapable de comprendre comment cela pouvait se passer ainsi. J’ai fini la quête bordel. Donc j’ai sauvé tout le monde, non? Non.
Parce que Dust est un jeu plus profond qu’il n’y parait. En ce sens qu’il a joué sur mes réflexes de joueur pour me rendre conscient d’une vérité universelle : Parfois, faire de son mieux ne suffit pas. On peut réussir toutes les étapes de son plan génial et se rater à la fin. Rien n’est vraiment certain, aussi facile que de terminer une quête dans un jeu vidéo.

Là. Vous voyez ce que je viens de faire? Juste à la phrase précédente. Je viens de dénigrer un médium qui vient de me renvoyer dans ma gueule une réflexion profonde sur la vie, sur la mortalité, sur la faillibilité de l’existence. Et sur le fait qu’il faille vivre avec.
Dans mon esprit, que ce soit par la société ou par les créateurs de jeu vidéos eux-même, a été implanté l’idée que ce ne sont que des jouets sophistiqués. De la distraction. Rien qui se rapproche de l’art.

Et pourtant, intuitivement, je sais que c’est faux. Évidemment que le jeu vidéo est un art. C’est une forme d’expression, de création. On peut en extraire du fun, de la tristesse, de l’extase ou de la philosophie.

Aujourd’hui, Dust : an Elysian Tail m’a fait réfléchir et expérimenter avec un morceau de l’expérience humaine que l’on s’attend à trouver dans un bouquin de Camus ou un film de Kubrick.
Le moins que je puisse faire en retour, c’est de me rappeler ce que les jeux vidéos peuvent faire.

J’espère vous l’avoir rappelé aussi.

NaNoWriMo : et un roman, un!

Crédit : site du nanowrimo

Il est 03h38, le 12 novembre 2015, quand j’écris ces mots.
C’est assurément une heure étrange pour écrire un article de blog. Elle le devient un peu moins quand on sait que j’étais en train d’écrire mon roman juste avant. Un petit peu moins.
D’ailleurs, détail intéressant : je viens de le terminer, ce roman. Et avec lui, mon nano. 50016 mots pour mon premier jet.
Je crois que je ne réalise pas encore. Çà fait… oui, bien 3 ans que j’essaie de terminer un roman. A force, c’est devenu une blague avec mes camarades d’écriture (je vous aime quand même, les couillons de l’Atelier d’Écriture. :p). Et là, c’est fait. J’ai officiellement écrit un roman.
Bien sûr, je vais le corriger moult fois durant les prochains jours, les prochaines semaines, les prochains mois. Mais c’est un pas énorme pour moi. Une preuve, la preuve que j’attendais, que peut-être je suis capable d’être un vrai écrivain. Que j’ai ça en moi.

Bref, c’était un post minuscule, parce que je voulais juste vous partager ma joie, fidèles lecteurs.

Sur ce, je m’en vais me faire à dîner. Oui, 3h42. On a pas tous une bonne hygiène de vie.

Première semaine du NaNoWriMo : compte-rendu

Bonjour, Bonmatin même, fidèle lecteur. Je reviens sur ce blog pour faire le bilan de ce début de NaNoWriMo, de ce que j’y ai fait et de ce que j’y ai appris.

Déjà, ces 7 premiers jours d’écriture sont définitivement une réussite. En plus d’avoir sorti 30000 mots pour l’instant sur mon histoire, je suis assez content du résultat pour le moment. Le roman n’est pas aussi bien qu’il peut l’être, mais quand même excellent pour un premier jet (De mon avis autant que de celui d’un de mes beta lecteurs).

Ensuite, pour mettre un peu les pieds dans le plat, ces derniers jours ont été une vraie révélation pour moi. D’une certaine manière, on peut dire que je n’avais jamais vraiment écrit avant cette date.
Bon, oui, j’exagère un peu : mes trois ans à sortir nouvelle sur nouvelle, puis à ne rien branler, ont beaucoup joué sur mon écriture. J’ai forgé mon style comme ça. Appris à construire des histoires. A corriger mes textes. A sortir des dialogues convaincants et vivants.
Seulement, je ne me suis jamais mis à écrire de manière conséquente. Je n’ai pas sorti mon lot de mots tous les jours que Dieu fait. Rien que ça, ça change tout : le rythme que je tiens depuis une semaine, je sais que je peux le tenir ad vitam eternam. Je ne suis pas toujours convaincu par les passages que j’écris. Mais je les sors, et ça ne me prend pas un temps infini de faire 2000/3000 mots par jour de premier jet.
Autre point important : le texte sur lequel je travaille est mon premier vrai roman. C’est véritablement la première histoire suffisament longue et vaste pour que je puisse m’étaler dedans, rajouter des tours et des détours, des intrigues secondaires, des personnages pas prévus mais qui jouent un rôle important et toutes ces joyeusetés. Je sens que je vais devenir accro.

Pour conclure, je ne compte pas m’arrêter dans ma lancée. Le but pour cette semaine est de finir le premier jet (qui devrait faire aux alentours des 50000 mots, la borne de réussite du nano) puis de le retravailler encore et encore. Et dès que j’ai fini ce premier jet, en attaquer un autre. Peut-être moins intensément, mais le faire tout de même. Parce que maintenant que j’ai lancé la machine de l’écriture quotidienne, je ne compte pas m’arrêter de sitôt.

Femto, Pico, Nanowrimo

 

Bonsoir fidèles lecteurs!

Aujourd’hui, je mets un terme à mon challenge d’une histoire par jour. (certains objectent qu’il n’y a pas eu d’histoire depuis deux jours, juste des articles ; ils négligent un détail : je suis un gros bluffeur)
J’avoue que je suis assez content d’avoir sorti pas mal de petits textes, ça m’a fait travailler plusieurs formats, plusieurs genre, fait jouer avec les styles et les dialogues. En bref, comme je le voulais, ce challenge m’a poussé à bosser mon écriture. Et ça c’est bien.

Mais, je ne me suis pas lancé ce défi à une date arbitraire : je l’ai fait un peu moins d’un mois avant le Nanowrimo.
Pour ceux qui ne connaissent pas, le Nanowrimo (National Novel Writing Month), ou nano pour les intimes, est un challenge annuel international d’écriture, qui consiste à écrire 50000 mots (l’équivalent d’un roman de taille honnête) en l’espace d’un mois.
Cette année, je participe une nouvelle fois au nano, mais plus sérieusement que les deux années précédentes (ou j’ai failé, d’ailleurs). Seulement, étant un jardinier, je n’avais pas trop d’idées sur comment me préparer. J’ai trouvé mon idée de roman, j’ai joué avec, j’ai lu pas mal de bouquins scientifiques en guise de recherche. Rien qui implique de l’écriture, donc.
Ainsi, pour éviter de rouiller, je me suis lancé ce pitit challenge. Et comme je vais écrire mon roman dès dimanche, je l’arrête logiquement, le challenge.

Que ceux qui se sont habitués à lire mes bêtises soient rassurés, je continuerai à publier des articles. Je pense notamment faire un carnet de bord hebdomadaire de mon nano, pour vous mettre à jour sur ma progression (Ce qui me fait penser, je vais probablement ajouter un widget sur le blog avec mon compteur de mots, pour que vous puissiez m’insulter dans les commentaires si je suis à la bourre. ^^)

Et pour conclure, voici le pitch de mon roman à venir :

Dan écrit des romans de SF, notamment pour prévenir des dangers qu’une IA plus intelligente qu’un humain engendrerait. Un jour, il meurt. Puis il se réveille, dans le futur, simulé par l’IA qu’il a aidé à contraindre et à sécuriser ; contre toute attente, elle lui demande de l’aide.

J’veux bien un ptit commentaire pour savoir si ça vous intéresse comme 4ième de couv.

Acte de foi

Quand j’étais plus jeune, j’étais con. C’est malheureusement très commun chez les gamins avec de bonnes dispositions intellectuelles. J’étais persuadé de tout savoir : après tout, j’avais du talent pour les maths, la rationalité, la science. Tout ce qui permet de construire des certitudes sur le monde, non?
Et puis j’ai grandi. J’ai lu plus de science, et j’ai découvert le principe de falsifiabilité. J’ai lu plus de littérature, et je me suis rendu compte que les points de vue et les perceptions des autres pouvaient être tout aussi valables que les miens. Je suis passé à la neuroscience, à la psychologie, à l’IA, à l’ensemble que l’on appelle les sciences cognitives. Et j’ai découvert les biais.

En clair, je ne savais plus où trouver des certitudes.

Sur le coup, cela m’a fait déprimer. Alors je me suis efforcé de réfléchir clairement, de partir de la base, de retrouver au moins un tout petit socle sur lequel appuyer ma pensée. J’ai tenté tant bien que mal de remonter les chaînes de raisonnements, pour trouver des premiers principes inattaquables. Un peu comme Russell et Whitehead ont tenté, dans leur Principia Mathematicae, de retrouver des bases parfaitement certaines et rationnelles pour les maths (résultat des courses, pas de certitude et 253 pages de démonstration pour prouver que 2+2=4).

Finalement, j’ai compris : il n’y a pas de certitude absolue. Il n’y en a jamais eu, et il n’y en aura jamais.
Si, peut-être une en fait : l’absence de certitude.

Là, vous me demandez : si c’est bien le cas, comment se fait-il qu’on ne s’en aperçoive pas? J’veux dire, soyons sérieux les gars. Ça devrait se voir, non?
Sauf que l’incapacité à bâtir des certitudes n’est pas du tout bon pour la survie : si tu te mets à pondérer l’existence du tigre en face de toi, tu risques de te faire bouffer assez vite. Et là vient aussi ma réponse à ce que l’on peut faire, maintenant qu’on admet qu’il n’y a pas de certitude.
Est-ce que l’on doit sombrer dans une dépression totale, persuadé que la vie n’est plus possible dans ces conditions? Essayer de détruire le monde, pour qu’il n’y ait plus rien sur quoi être incertain? S’abrutir en regardant un marathon des émissions de Patrick Sébastien, vu que c’est peut-être le moyen d’accéder à la vérité absolue, on en sait rien, non?

Là intervient un petit mot, un concept que j’avais rejeté en bloc dans ma stupide jeunesse : la foi.
A l’époque, je voyais la foi comme un manque de réflexion, d’intelligence quoi. C’était dire : « Oh, je ne sais pas prouver quelque chose, mais je vais quand même le croire. »
Et c’est exactement ça. La seule chose que l’on peut faire, ce sont des actes de foi. C’est choisir de croire. Bien sûr, je ne défends pas le fait de faire n’importe quoi en disant qu’on a la foi : pour moi, l’acte de foi est le résultat d’une vraie réflexion. Il est conséquence d’une analyse, d’une opinion informée, d’un avis.
Je fais acte de foi que l’univers n’existe pas juste dans ma tête parce que je considère que c’est moralement un meilleur choix. Que dans l’optique où le monde existe, cela fait de moi une meilleure personne.

Ce qu’il reste à faire, c’est donc reconstruire ses certitudes volontairement. En sachant toujours, au fond, que ce ne sont pas des certitudes.
Mais entre ce que nos biais, notre éducation, notre société nous imposent et ce que nous choisissons de croire par nous même, il y a un monde.
Un monde meilleur, il me semble.

PS : j’ai dit que l’absence de certitude est une certitude? Est-ce que c’est un acte de foi, une faute logique ou une récursivité dégueulasse? A toi de le trouver, cher lecteur.